INCLUSION FINANCIÈRE ET LUTTE CONTRE LE TRAVAIL ABUSIF DES ENFANTS - L’APIF CI ET L’OIT PRÉSENTENT AU SECTEUR FINANCIER DES OPPORTUNITÉS DE MARCHÉ AU BÉNÉFICE DES COMMUNAUTÉS CACAOYÈRES DE LA NAWA

Jeu 12 mars 2026Classé dans ArticlesVue(s) 194 fois

L’Agence de Promotion de l’Inclusion Financière de Côte d’Ivoire (APIF CI) et l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ont organisé un atelier de sensibilisation des acteurs du secteur financier sur les opportunités et les solutions adaptées aux communautés cacaoyères de la Nawa, le vendredi 27 février 2026, au 20ème étage de l’immeuble SCIAM, à Abidjan-Plateau. 

Au cours de cet atelier de sensibilisation, le projet « Ensemble pour Agir sur les Causes profondes du Travail des Enfants » (ENACTE) a été présenté avec un accent particulier sur les liens qui existent entre l’inclusion financière et la lutte contre le travail des enfants.

Le Coordonnateur national du Projet ENACTE, M. KONAN sylvain, dans son mot introductif, a indiqué que : « la pauvreté des ménages représente l’une des causes profondes du travail des enfants dans les communautés cacaoyères en raison de la saisonnalité des récoltes et donc des revenus ».

De plus, au regard des réalités observées sur le terrain, le Coordonnateur national du projet ENACTE en Côte d’Ivoire a affirmé : « bien que des projets durables existent, il n’y a pas de financements pérennes à la dimension des communautés... Le but recherché par l’atelier est de proposer des projets pilotes sous la forme d’opportunités à la fois rentables pour le secteur financier et utiles pour les ménages par le renforcement de leur autonomie financière, de leur sécurité sociale par l’accès à l’éducation, à la santé… » a-t-il insisté.

Le Directeur de l’APIF CI, Monsieur BROU Patrice a assuré, au cours de son allocution que l’Agence dont il a la charge accorde un grand intérêt à la problématique de l’adaptabilité des produits et services financiers aux besoins et aux réalités des communautés encore en marge du système financier formel.

« Les producteurs de cacao vivent souvent dans la vulnérabilité. Bien que fragilisés par des revenus irréguliers, des chocs climatiques et une forte dépendance à l’économie informelle », il convient toutefois de souligner que : « l’inclusion financière et l’éducation financière représentent des leviers d’action pouvant contribuer à relever les défis que rencontrent les populations en milieu rural, en l’occurrence celles de la région de la Nawa, une localité qui figure parmi les premières zones de production de cacao en Côte d’Ivoire », a déclaré le Directeur par intérim de l’APIF CI.

Dans la continuité de cet atelier, deux communications majeures ont été effectuées.

La première communication effectuée par Mme SOULE GOLOU KOUASSI de l’OIT s’est articulée autour de trois points.

Il s’est agi d’abord, de mettre en lumière les liens qui existent entre l’inclusion financière et le travail des enfants.

Ensuite, il a été question de présenter la dynamique sociale et économique des communautés cacaoyères afin de mettre en valeur des projets pilotes menés dans le cadre du programme ENACTE.

Enfin, au regard des difficultés sociales et économiques identifiées, l’atelier a été l’occasion d’inviter les acteurs financiers à développer des synergies et, surtout, à formuler des propositions adaptées aux besoins structurels desdites communautés.

La seconde présentation, conduite par M. YOBOUET Séraphin de l’APIF CI, est revenue en détail sur l’évolution et le stade actuel des actions conjointes menées par l’APIF CI et l’OIT, depuis juin 2024, date de lancement de la composante inclusion financière du projet ENACTE.

D’ailleurs, dans ce contexte et, afin d’éradiquer à long terme, le travail des enfants dans les vergers ivoiriens de cacao, la mise en œuvre de la composante inclusion financière du projet ENACTE a permis, dans une vision holistique et systémique, de cibler les causes profondes dudit phénomène en vue de les atténuer. En effet, les missions de terrain conjointes menées par l’OIT et l’APIF CI ont permis de mettre en évidence plusieurs facteurs à la base de la vulnérabilité desdites communautés.

Il s’agit, entre autres, de l’absence d’alternatives économiques génératrices de revenus, de l’insuffisance de services financiers formels adaptés, de la dépendance des ménages à une seule source de revenu, du recours à des crédits informels, de la mauvaise gestion des revenus perçus par les familles lors des périodes de commercialisation des récoltes de cacao…

La kyrielle des conséquences économiques et sociales liées à ces causes sus-citées étant préoccupante ; celles –ci ont permis d’identifier au-delà de la non résilience économique des familles, des risques à plusieurs niveaux de la chaîne de valeur du cacao.

Les enfants exposés au travail dans les plantations se voient malencontreusement déscolarisés. Les travaux dangereux effectués par les enfants représenteraient des risques réputationnels pouvant entacher la crédibilité institutionnelle, environnementale, sociétale et de bonne gouvernance de la Côte d’Ivoire. Le développement humain ainsi que le respect des droits inaliénables de l’homme et surtout des enfants se verraient donc ralentis voire, freinés.

L'inclusion financière n’est donc pas périphérique. Elle représente un levier stratégique et durable pour contrer la vulnérabilité économique, lutter contre le travail abusif des enfants au sein des communautés péri-urbaines et rurales, et aussi, un facteur commun d’amélioration des conditions sociales et économiques des populations encore exclues du système financier formel en Côte d’Ivoire.

Fermer