La Mandataire spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la promotion de services financiers accessibles à tous, conclut sa visite virtuelle en Côte d'Ivoire en mettant l'accent sur les groupes défavorisés et les technologies d'inclusion financière

Mer 23 juin 2021Classé dans ArticlesVue(s) 274 fois

En sa qualité de Mandataire spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la promotion de services financiers accessibles à tous qui favorisent le développement (UNSGSA), S.M. la Reine Máxima des Pays-Bas a achevé jeudi une visite virtuelle en Côte d'Ivoire. Lors des réunions bilatérales avec le Premier ministre Patrick Achi et d'autres ministres, la mandataire spéciale a exploré comment elle et ses partenaires pourraient soutenir et collaborer pour promouvoir conjointement l'inclusion financière et numérique dans le pays. Elle a commencé les conversations par une paire de visites virtuelles de clients.

Outre sa rencontre avec le Premier ministre, l'UNSGSA s'est entretenue avec le Ministre d'État chargé de l'Agriculture et du Développement Rural, Kobenan Kouassi Adjoumani, le Ministre de l'Économie et des Finances, Adama Coulibaly, le Ministre de l'Économie Numérique, des Télécommunications et de l'Innovation, Roger Felix Adom, et le Ministre du Commerce et de l'Industrie, Souleymane Diarrassouba.  

Lors des visites aux clients, la mandataire spéciale a eu l'occasion de rencontrer deux micro-entrepreneurs afin d'entendre de première main comment l'accès et l'utilisation de services et de produits financiers numériques de qualité avaient bénéficié à leurs entreprises et à leurs moyens de subsistance financiers.

La Côte d'Ivoire est considérée comme un leader de la finance inclusive en Afrique de l'Ouest en raison de la prolifération du mobile money, de sa Stratégie Nationale d'Inclusion Financière (SNIF 2019-2024) bien développée et de la présence de l'Agence de Promotion de l'Inclusion Financière (APIF-CI) pour coordonner les efforts d'inclusion financière entre le gouvernement et le secteur privé.

Selon le Global Findex de la Banque mondiale (2017), 41 % des adultes de 15 ans et plus en Côte d'Ivoire avaient accès à un compte, ce qui représente une augmentation par rapport aux 34 % de 2014, une augmentation largement due au mobile money. Cependant, l'inclusion financière semble plus limitée dans les zones rurales et parmi les groupes mal desservis, tels que les pauvres, les femmes, les PME et les petits exploitants. Cela inclut un écart entre les sexes de 11%, une augmentation de points par rapport aux données du Findex 2014. Sur les huit millions de personnes non bancarisées en Côte d'Ivoire, 52% sont des femmes.

Les priorités tout au long des discussions comprenaient un accent accru sur l'accès et l'utilisation de produits diversifiés au-delà des paiements pour les personnes mal desservies, ainsi que le rôle des services financiers pour soutenir la reprise après une pandémie. 

Par exemple, il a été souligné que le financement des PME pourrait être renforcé en rendant opérationnel le fonds de garantie de crédit et en développant le marché des prêts sur actifs mobiliers. Pendant ce temps, l'inclusion financière des petits agriculteurs pourrait être renforcée en numérisant les chaînes de valeur et en intégrant des solutions de technologie financière qui relient les agriculteurs aux intrants et aux marchés.

La mandataire spéciale et ses partenaires s'affirment être disposés à apporter un soutien technique pour faire progresser l'inclusion financière en Côte d'Ivoire, notamment en accélérant les travaux sur les paiements numériques des PME dans le cadre du groupe de travail sur la finance numérique de la SNIF 2019-2024. L'UNSGSA a également discuté avec le Premier Ministre de l'importance de mettre en place des biens publics numériques, ainsi que des réformes du secteur financier régional telles que la modernisation du cadre juridique et réglementaire des secteurs bancaire et de la microfinance, ainsi que la finalisation du projet régional d'interopérabilité des paiements.

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