Côte d’Ivoire / L’argent mobile au service de l’inclusion financière totale

Mar 12 juillet 2022Classé dans ArticlesVue(s) 185 fois

Forte de sa solide Stratégie nationale d’inclusion financière (SNIF) et de la vulgarisation de l’argent mobile sur son territoire, la Côte d’Ivoire a ce qu’il faut pour être une figure de proue de l’inclusion financière en Afrique de l’Ouest. Selon la banque de données Global Findex de la Banque mondiale, en 2021, 51 % des adultes avaient accès à un compte d’argent mobile, contre 34 % en 2014 et 41 % en 2017.

Le pays est résolument déterminé à élargir l’inclusion financière, notamment en misant sur la promesse des solutions technologiques. L’année dernière, lors des réunions virtuelles entre l’UNSGSA et les autorités ivoiriennes, ces dernières ont affirmé que l’objectif de la Côte d’Ivoire était de parvenir à 60 % d’inclusion financière d’ici 2024 et de dématérialiser 80 % des flux financiers de l’État.

Toutefois, pour atteindre ces objectifs ambitieux, il faudra des stratégies innovantes afin d’atteindre les micro, petites et moyennes entreprises (MPME), qui représentent une part importante de l’économie du pays, ainsi que les femmes et les petits exploitants agricoles. S’appuyant sur ces échanges virtuels fructueux de 2021, l’UNSGSA s’est rendue en Côte d’Ivoire les 13 et 14 juin 2022 pour une série de réunions avec de hauts responsables, des partenaires de développement internationaux et des dirigeants du secteur privé.

Durant sa visite, la Mandataire spéciale a rencontré la Première dame, Dominique Ouattara, qui s’investit dans la microfinance au service des femmes, ainsi que le Premier ministre, Patrick Achi, le vice-président, Tiémoko Meyliet Koné, et le ministre des Finances, Adama Coulibaly. Elle a également rencontré des représentants du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, ainsi que du ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME. 

À Abidjan, la reine Máxima a également participé à une table ronde organisée dans le cadre de l’Africa CEO Forum et portant sur la manière dont les fintech peuvent stimuler l’inclusion financière en Afrique.

Principales priorités

Lors de ses entretiens avec les décideurs politiques, l’UNSGSA a évoqué plusieurs grandes priorités à envisager pour la Côte d’Ivoire en appui aux efforts de digitalisation.

1. Identification numérique

Lors de ses réunions, l’UNSGSA a exprimé son soutien à la stratégie du pays visant à assurer la couverture universelle d’un système d’identification numérique biométrique. Elle a exhorté les dirigeants à accélérer leur approche actuelle de l’identification et à étudier la possibilité de recourir à d’autres formules et modèles éventuels à cet effet, les solutions envisageables pour les prestataires, les stratégies d’enregistrement dans le système, le déploiement et les cas d’utilisation possibles (par exemple, services électroniques, signature électronique et connaissance électronique du client). La Mandataire spéciale a également encouragé les décideurs à recenser les domaines où un alignement sur les initiatives en cours peut être fait afin de mettre en place un numéro national d’identification, ainsi que sur le projet d’identification unique pour l’intégration régionale et l’inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI) soutenu par la Banque mondiale.

2. Connectivité et accessibilité financière

S’il est vrai que la Côte d’Ivoire a mis le cap sur l’utilisation accrue de l’argent mobile et d’autres services numériques, de nombreuses personnes ne sont toujours pas en mesure de se connecter à Internet en raison d’un manque de couverture. L’UNSGSA a invité les dirigeants à mettre le doigt sur les facteurs qui influent sur l’accessibilité financière et à s’y attaquer, grâce notamment à une politique de concurrence pour les fournisseurs de services de téléphonie mobile et de haut débit fixe, à des dispositifs fiscaux et à des mécanismes de partage de données entre les acteurs du marché. Elle a également souligné l’importance d’une stratégie visant à combler les lacunes sur le plan de la connectivité, y compris en ce qui concerne la couverture des habitants de zones rurales et les femmes.

3. Accélération des paiements numériques : principaux cas d’utilisation

Les paiements numériques joueront également un rôle important à jouer dans l’élargissement de l’inclusion en Côte d’Ivoire. La reine Máxima a exprimé son soutien aux efforts déployés par le pays pour accélérer les paiements d’État à particulier, ainsi qu’à sa stratégie d’incitation à la numérisation des paiements versés aux MPME, à d’autres marchands et aux acteurs des chaînes de valeur agricoles. Elle a également souligné la nécessité d’une transition numérique dans les institutions de microfinance.

Ayant noté que 26 projets de numérisation sont en cours, la Mandataire spéciale a évoqué l’importance de l’encadrement de ces projets et de leur alignement les uns sur les autres. Pour cela il est impératif d’assurer l’interopérabilité des plateformes gouvernementales existantes. L’UNSGSA a également proposé d’apporter un accompagnement technique des efforts actuellement entrepris pour améliorer le cadre juridique relatif à la cybersécurité, à la protection des données, aux transactions électroniques, aux services électroniques et aux droits des consommateurs. Parallèlement à ces politiques, elle a souligné la nécessité de l’éducation numérique et de la protection des consommateurs de services financiers.

4. Financement agricole

La Mandataire spéciale a rencontré le ministre d’État chargé de l’Agriculture et du Développement rural, et a relevé l’importance de solutions innovantes pour approfondir l’inclusion financière des petits exploitants agricoles, un aspect qui compte pour la sécurité alimentaire et la production économique en Côte d’Ivoire. L’UNSGSA a souligné l’importance de numériser les principales chaînes de valeur agricoles afin d’améliorer les opportunités économiques pour les petits exploitants agricoles, notamment en les connectant à de nouveaux marchés.

La Mandataire spéciale a également salué la priorité qui est accordée aux projets de financement agricole dans la (SNIF) et encouragé cette démarche. Les progrès réalisés sur les questions de la diligence raisonnable fondée sur les risques et de l’identification des consommateurs favorisera également l’inclusion financière des petits exploitants agricoles.

Partenaires de l’UNSGSA
Better Than Cash Alliance, fondation Bill & Melinda Gates, Groupe consultatif d’aide aux populations les plus pauvres et Banque mondiale.

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